29 décembre 2006

La main de mon père.


Je devais avoir 8, 9 ou 12 ans. Du premier étage mon père a passé la tête par dessus l’escalier en me demandant d’aller chercher une savonnette à la cave.
« T’es feignant, tu pourrais y aller toi-même ».
C’est la seule fois où mon père a mis la main sur moi autrement que pour me consoler.
J’ai su au moment même où je prononçais ce mot combien cela était injuste. D’une enfance dans les caniveaux de Dickens, de la rue de l’Avenir, il n’avait pas appris à dire les mots bleus. Toute sa vie il parla de ses mains, d’abord et toujours pour ses enfants, mais aussi pour ses frères, ses amis, ses petits enfants. Réparer une voiture, une serrure, un vélo, était aussi un prétexte pour marquer son attachement. Nous en fûmes certainement ingrat. Mon père était un homme du quotidien, tenace, dur au mal, courageux, très courageux. Il parlait peu et donnait en exemple l’action, les faits. C’était pépé bricoleur pour ses petits-enfants. Luca et Sandro veulent faire une petite boite à poser sur la tombe, pour y mettre vis, clous et boulons trouvés.
Au revoir mon papa.

Pascal

Aucun commentaire: