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18 mai 2009

Une vie en Rock & Folk


15 du mois, de tous les mois, depuis au moins 30 ans et ces putains d'année 80 que je reçois Rock & Folk, toujours la même attente et souvent le même plaisir. Justement j'essayais d'expliquer le truc à un néo pote gotho-punk vendredi, lui dire que ce canard avait retrouvé la furia et l'intelligence nécessaire avec l'arrivée du Philippe à la Manoeuvre (oui jeune homme, celui de la "nouvelle star")... et alors ? le Phiphi n'a jamais oublié qu'il fallait d'abord maintenir une érection vitale, aimer cette musique par le bas "Elvis le Pelvis", avant le cortex. Et que ce n'est pas incompatible. Il s'agit de s'amuser, prendre et donner du plaisir. Et que le Rock se nomme Folk, Country, Punk, New Wave, Soul ou techno...non justement pas la techno !!! importe peu. Il s'agit quand même de bander pour des trucs avec une mélodie, un couplet, un refrain, une bonne chanson quoi; même écrite par des crétins. Alors ce 15 du mois, recevoir cet exemplaire avec l'interview de Monsieur UNGEMUTH qui dit mieux que moi tout l'Amour qu'il porte à notre musique. Quel plaisir ! Je garderai ce n° auprès de quelques autres, une saga des Kinks par Mr Ungemuth (encore lui !), un spécial Stones, une saga Zeppelin, de superbes rubriques nécro-nostalgiques d'un autre gentleman Dandy, soit Patrick EUDELINE. Et continuer à descendre dans la crypte Gibert avec le vague sentiment d'appartenir à une caste d'élite...en compagnie (le samedi matin, grande expérience) de types gentiment allumés, érudits fous ayant consacré toute leur vie à la recherche du Graal binaire, qui échangent leurs découvertes comme des gamins leurs vignettes panini. Le même plaisir, la même joie de partager l'unique.
Je crois bien que je défendais ce vendredi la ligne éditorial de ce canard, sans même m'en rendre compte. Rester aux aguets des nouveaux groupes tout en continuant à remonter dans le temps, à la découverte de vieux trucs huileux, bien usés mais au parfum sans égal. Et le faire sans exclusive, sans élitisme, juste pour créer de nouveaux ponts, garder une oreille et parfois deux sur les nouveautés.

Morceaux choisis de l'interview de Sir Ungemuth :
"Et si on n'aime le Rock, on ne peut pas ignorer que ça a été le big bang entre 1962 et 1969.... On a vécu une autre période créative entre 1977 et 1980 mais qui arrive nettement derrière, alors qu'à l'époque, les mecs faisaient des pas de géant à chaque disque. Prenons les Kinks, par exemple (pur hasard ! ndmoi). Ils enregistrent "You Really Got Me" et trois ans après, c'est clavecin et violoncelle, l'année suivante, ils passent à "Lola", au rock de stade puis à la country de "Muswell Hillbillies". Les Stones je n'en parle même pas, ils ont tout fait, commencé par Chuck Bery, passé par lépoque élisabéthaine et "Play With Fire", fait Beggars Banquet", l'un des plus grand disque de ma vie (oh putain j'aime ce mec ;-), et deux ans après, "Exile On Main Street", la bible, cette manne dont on ne sort jamais. On peut l'écouter dans tous les sens, à tous les âges, ce disque n'est pas compréhensible..." Voilà c'est pour cette objectivité ;-) là que j'aime ce R&F encore et toujours à l'aube d'une quarantaine bien entamée mais éblouissante :-)

KLL

Lecture (ça vient de sortir) : Garageland " Nicolas Ungemuth

Bande son (forcément) : "All Down The Line" sur "Exile On Main Street" THE ROLLING STONES

et une "découverte" dans la crypte Gibert : Shout Live" MIKE FARRIS & THE ROSELAND RYTHM REVUE

son pourri mais soyez patient...

02 avril 2008

Gazon Briton



Après un énième album sous-estimé, "Road to Rouen", pop psyché mais déprimé, aimé par moi tout seul; Supergrass renoue avec la fougue de ses deux premiers albums.

"Diamond Hoo Ha" est fait d'un bloc...aux multiples facettes. Souci d'écriture, textes et mélodies d'argent; sans facilités façon James Blunt ou autres loukoumeries pour pucelles trentenaires. Rythmique impeccable sans jouer des muscles, Supergrass c'est d'abord une bande de potes talentueux, vrais et fins musiciens.

L'impeccable et teigneux "Whiskey and Green Tea" (quel titre !), d'où surgit un saxo rageur et saturé. Vrai morceau de bravoure.

"Diamond Hoo Ha" ouvre l'album (oui ami jeune, un truc rond avec une pochette), véritable marque de fabrique de ces fanatiques herbivores. Un truc immédiatement jouissif, enlevé, joyeusement crétin et superbement joué.

"When i needeed You", calme le jeu mais tient haut le pavé aux mièvreries façon Coldplay ou Oasis.

"Rebel in You" pleins de choeurs "oh oh oh oh" putain de mélodie, pleines de guitares sur un chant impeccable. Classieux.

Le bien nommé "Butterfly" clôt l'album superbement, beau, tendu, nerveux, carré. Le chant de Gaz Coombes emporte tout sur son passage.

A vrai dire quand j'ai posé la galette sur la platine, à la première écoute, quelques "bruits" électrobizaro, m'ont un peu perturbé... Et puis j'ai replongé, quinzième écoute, nouvelles découvertes, je préfère un morceau et puis l'autre et encore le suivant. Rien à jeter. Je suis accro à cette super herbe.
Un mélange savant mais actualisé de leur premier et second album, un truc pour sourire et bander même en sarkozie.

Malheureusement ce n'est pas avec ce niveau d'exigence, de qualité d'écriture, d'énergie Glam Punk Rock (Buzzcoks, T Rex, Small Faces et Kinks dans la marmite), et d'humour au second degré, qu'ils décrocheront la timbale. Pourvu que ce relatif insuccès ne leur donne pas envie de spliter. Pratiquement 13 ans qu'ils tournent et pas un album dont ils n'aient à rougir. Et cerise dans le papier à rouler, un formidable groupe de scène, soudés, jouant sans mollir, envoyant ce qu'il faut, jamais trop tôt ni trop tard, jamais trop ni trop peu. Intelligence, humilité, amitié et humour, ingrédients parfaits pour ne jamais atteindre la place qu'ils méritent.

J'ai vu ces gars trois fois en concert, dont deux à la Cigale, toujours avec le même plaisir, en prenant même une grande claque en juin 2002 (?).
Surveiller l'agenda des britons amoureux, comme chacun sait, d'un gazon impeccable. (lien sur le titre)

Coup de coeur du mois. De l'année pourri (?) même Sir Ungemuth est d'accord !

KLL

Bande son : "Diamond Hoo Ha" SUPERGRASS et ses 11 pépites.