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11 décembre 2008

Prix KLL 2008




Fayot 2008, sous catégorie lèche burnes :
Xavier Bertrand

Humaniste 2008, sous catégorie renégat :
Bernard Kouchner, réinvente la TSF, traître sans frontières.

Humaniste socialiste 2008 :
Georges FRECHE

Chercheur 2008 ... de maroquin ministériel :
Claude Allègre

Prix Karl Marx 2008 :
Conducator nicolas, président d'un tout petit peuple de veaux couchés sous prozac, crédits, chômage, loto, PMU et télé commandé.

Plus drôle :

The FILM de l'année :
"ELDORADO" de Bouli Lanners



Albums de l'année bien pourrie :

"Neptune" THE DUKE SPIRIT .. et alors je m'en fous qu'il soit sorti en 2007...moi je l'ai découvert fin 2007, presque en 2008 !


"Real Animal" ALEJANDRO ESCOVEDO




"The Stand Ins" OKKERVIL River





Concert de mes concert à moi, loin devant ! :
THE DUKE SPIRIT - vendredi 23 mai 2008 - au Point Ephémère -



Journal de l'année :

SINE HEBDO

Livres de l'année :

"Le Capital" KARL MARX
"La haine de l'Occident" Jean Ziegler
"L'insurrection qui vient" Comité invisible

BD de l'année :
"Putain de Guerre" (T.1) 1914, 1915, 1916 Jacques Tardi et Jean-Pierre Verney

KLL

14 juillet 2008

Eldorado Belge



"ELDORADO" un film de Bouli LANNERS - Belgique 2008 -

C'est un ovni Belge, un formidable LITTLE BIG FILM, plein d'une humanité décalée et terriblement attachante. Une Belgique en monochrome, filmée en couleurs avec amour, humour et tendresse. Une Belgique filmée comme on imagine le Canada.

La rencontre de deux paumées qui ne comprennent plus grand chose au monde qui les entoure. Société qui leur rend bien. Cela commence par une virée solitaire en Chevrolet bleue, musique et voiture Américaine. Yvan, dealer de V8 américain, rentre dans son pavillon pourri, dans un village où on le sent pour le moins "à côté". Pas marginal, seulement à part. Et c'est parce qu'il est le seul à ne pas avoir de chien, qu'un jeune lunaire, un brin sauvage, casquette vissée sur la tête, décide de le cambrioler. Juste pour récupérer un peu d'argent afin de retrouver le foyer familial, dit-il... Au cours d'une longue, drôle et tendre scène (Yvan attend qu'Elie sorte de sa minable cachette, sous le lit) avant de finalement lui proposer de le ramener chez ses vieux. S'ensuit une série de rencontres singulières, collectionneurs de Chevrolets psychopathes, naturiste en camping car, chien jeté d'un pont... une humanité loufoque, étrange, inquiétante, terriblement humaine. "Eldorado" c'est aussi de grands moments de pur cinéma, longs travelling amoureux sur fond de musique forcément alternative. Envie de partager la discothèque de Bouli Lanners, d'en savoir plus. An Pierlé,Jessee Sykes entre autres diamants... Arrivé chez ses parents, Elie perdra vite l'illusion, qu'il n'avait certainement pas, d'un retour heureux. Pendant qu'éclate l'inévitable dispute entre Elie, en fait Didier, et son père militaire; Yvan attend en bas face à la mère. Peu à peu l'intime transpire. Intime qui prend la forme d'un petit film de famille en super 8, deux frangins filmés d'en haut, chahutant plein de vie, plein de vies.
Il faut donc repartir, quitter une morne campagne pour ramener Didier en ville, impasse obligée d'un ex et futur (?) junkie. Yvan attend ce qui ne reviendra plus, sa jeunesse perdue, une fraternité ratée, Didier... Le film laisse sans boussole, sans repères. Il ne finit ni bien ni mal, il se finit en nous.

Je pense au "Pigeon" de Monicelli, à "Paris Texas" de Wenders, "Eldorado" touche au sublime, avec milles délicatesses,avec retenue. Tout est suggéré lors de magnifiques moments de cinéma, de longues virées en chevrolet, de grands travellings audacieux tournés vers un ciel forcément sombre, sur fond de folk, blues, rock fifties...
Deux acteurs, une Chevrolet bleue, un chien dans le coffre, un voyage possible, un pur bijou, une ode triste à la vie. Une ode quand même.
Merci Bouli.

Bande son : "Pretty Baby" MILKSHAKE